Ecrit par Jill,
le mercredi 29 février 2012 à 22:10 , dans MOTS D'EROS
Photo du net...
"D'un long baiser il** a bu mon âme sur mes lèvres,
Comme le soleil absorbe la rosée."
Citation de Lord Jennyson
**Le "Elle" reste une possibilité à ne pas négliger me concernant.
J'apprécie au plus haut point de pouvoir aimer l'approche des lèvres des hommes et des femmes.
Et je ne m'en lasse pas. "C'est grave docteur ?!!"...
Ecrit par Jill,
le jeudi 23 février 2012 à 20:52 , dans MOTS D'EROS
Invitation...
"Laissez-vous faire !" me disiez-vous d'un sourire,
Déesse de nylon au satin saupoudré,
"Laissez-moi faire... à votre doux regard, m'offrir
"Puis, dans la lumière, sans un mot, me prendrez..."
Vous voilà amusé et empreint de perplexité,
Car celle que vous imaginiez réservée et sage,
Se révèle à vous sans masque, féline et déterminée.
Bien loin du bleu si glacé de son image...
Si jamais en vous, je n'ai vu l'ingénuité,
Lisez dans mon regard l'agréable surprise,
Apercevant cette invitante nudité,
Et mon émoi, à vous sentir ainsi éprise.
Passé le temps furtif de la réflexion,
Il s'approche alors vers la tentatrice,
S'impatientant de ce passage à la déraison,
La voici qui se cambre pour subir si délicieux supplice.
Un reflet souligne l'audace de la pose,
Bénissant ces explicites velléités,
L'appel de vos fesses pour l'ombre, apothéose,
La turgescence qui s'en fera l'invité.
Entre ses jambes le feu a pris
Paradoxe car l'humidité y règne
Y fourmille intensément le désir du vit
Priant que la fusion devienne reine
En réponse aux envies qu'une pose fit naitre,
Mes mains se débrident, s'arriment à vos fesses,
Que mon sexe impatient, puissamment vous pénètre,
De jouissives étreintes, vous fasse promesse...
Ecrit par Jill,
le dimanche 12 février 2012 à 12:53 , dans MOTS D'EROS
De nouveau les vers de Lucie Delarue-Mardrus.
Juste un baiser comme élan du coeur.
Écouter ce que le palpitant nous dicte... avancer et s'embraser.
Baiser
Renverse-toi que je prenne ta bouche,
Calice ouvert, rouge possession,
Et que ma langue où vit ma passion
Entre tes dents s'insinue et te touche :
C'est une humide et molle profondeur,
Douce à mourir, où je me perds et glisse ;
C'est un abîme intime, clos et lisse,
Où mon désir s'enfonce jusqu'au coeur...
- Ah ! puisse aussi t'atteindre au plus sensible,
Dans son ampleur et son savant détail,
Ce lent baiser, seule étreinte possible,
Fait de silence et de tiède corail ;
Puissé-je voir enfin tomber ta tête
Vaincue, à bout de sensualité,
Et détournant mes lèvres, te quitter,
Laissant au moins ta bouche satisfaite !
Ecrit par Jill,
le lundi 23 janvier 2012 à 23:44 , dans MOTS D'EROS
Je replonge dans le bleu électrique de mes bas et le bleu lunaire pour les vers.
Souvenirs d'une nuit bleu électrique, revêtant la tenue de la femme aux bas bleus.
Lumières dirigées & reflets de lune ... son regard sur moi.
J'ai fondu sur le sol, Lui a fondu sur ma peau et le nylon bleu et noir.
LA LUNE AUX YEUX BLEUS
La nuit, les chevelures des femmes et les branches des saules se confondent. Je marchais au bord de l'eau. Tout à coup, j'entendis chanter : alors seulement je reconnus qu'il y avait là des jeunes filles.
Je leur dis : « Que chantez-vous ? » Elles répondirent : « Ceux qui reviennent. » L'une attendait son père et l'autre son frère ; mais celle qui attendait son fiancé était la plus impatiente.
Elles avaient tressé pour eux des couronnes et des guirlandes, coupé des palmes aux palmiers et tiré des lotus de l'eau. Elles se tenaient par le cou et chantaient l'une après l'autre.
Je m'en allai le long du fleuve, tristement, et toute seule, mais en regardant autour de moi, je vis que derrière les grands arbres la lune aux yeux bleus me reconduisait.
La lune aux yeux bleus - XXI - LES CHANSONS DE BILITIS - Pierre Louys
Ecrit par Jill,
le samedi 21 janvier 2012 à 14:11 , dans MOTS D'EROS
Huile sur toile de Nu Ryu - "Soul mates"
L'étreinte marine
Une voix sous-marine enfle l'inflexion
De ta bouche et la mer est glauque tout entière
De rouler ta chair pâle en son remous profond.
Et la queue enroulée à ta stature altière
Fait rouer sa splendeur au ciel plein de couchant,
Et, parmi les varechs où tu fais ta litière,
Moi qui passe le long des eaux, j'ouïs ton chant
Toujours, et, sans te voir jamais, je te suppose
Dans ton hybride grâce et ton geste alléchant.
Je sais l'eau qui ruisselle à ta nudité rose,
Visqueuse et te salant journellement ta chair
Où une flore étrange et vivante est éclose;
Tes dix doigts dont chacun pèse du chaton clair
Que vint y incruster l'algue ou le coquillage
Et ta tête coiffée au hasard de la mer;
La blanche bave dont bouillonne ton sillage,
L'astérie à ton front et tes flancs gras d'oursins
Et la perle que pris ton oreille au passage;
Et comment est plaquée en rond entre tes seins
La méduse ou le poulpe aux grêles tentacules,
Et tes colliers d'écume humides et succincts.
Je te sais, ô sirène occulte qui circule
Dans le flux et le reflux que hante mon loisir
Triste et grave, les soirs, parmi les crépuscules,
Jumelle de mon âme austère et sans plaisir,
Sirène de ma mer natale et quotidienne,
O sirène de mon perpétuel désir !
O chevelure ! Ô hanche enflée avec la mienne,
Seins arrondis avec mes seins au va-et-vient
De la mer, ô fards clairs, ô toi, chair neustrienne !
Quand pourrais-je sentir ton cœur contre le mien
Battre sous ta poitrine humide de marée
Et fermer mon manteau lourd sur ton corps païen,
Pour t'avoir nue ainsi qu'une aiguille effarée
A moi, dans le frisson mouillé des goémons,
Et posséder enfin ta bouche désirée ?
Ou quel soir, descendue en silence des monts
Et des forêts vers toi, dans tes bras maritimes
Viendras-tu m'emporter pour, d'avals en amonts,
Balancer notre étreinte au remous des abîmes ?...
Ecrit par Jill,
le dimanche 15 janvier 2012 à 17:31 , dans MOTS D'EROS
Marlène Dietrich in Shanghai Express - 1932
"L'amour c'est toujours compliqué.
Ce sont deux êtres humains qui tentent de vivre ensemble, donc ça sera forcément compliqué. Et l'amour c'est toujours compliqué. Mais les humains doivent essayer de s'aimer, darling...
Nous devons briser notre cœur parfois. C'est un bon signe d'avoir eu le cœur brisé. Cela signifie que nous avons essayé quelque chose."
- Elizabeth Gilbert - écrivain américaine, plus connue pour son autobiographie "Mange, prie, aime"
Ecrit par Jill,
le mardi 27 décembre 2011 à 23:49 , dans MOTS D'EROS
Nuit magique pour les petits et les grands... où tout peut arriver. En famille ou seul(e) avec un livre près de l'âtre... j'espère que ce noël vous avez été choyés et heureux. Bien qu'il reste le cap de la nouvelle année à fêter, je n'ai pas résisté à la tentation de vous offrir pour ces fêtes un petit présent, fruit de mon imagination. J'ai ressorti de mes archives d'une ancienne version du site, un conte coquin. J'espère qu'il vous plaira...
Le masque
Je ne sais si je peux vous conter cette aventure... est-ce que tout ceci est le fruit de mon imagination ou la réalité ? Je m'interroge encore...
Il y a quelques temps déjà, une amie m'avait conviée à une soirée masquée. La connaissant, je savais pertinemment à quoi m'attendre et je ne me faisais aucune illusion sur la possible fin de cette soirée.
En quête de ma tenue, je m'étais arrêtée sur l'idée d'une tenue de diablesse. Trouver une cape en moire rouge, une guêpière de cuir noir, des bas et des escarpins aux talons acérés ne m'avait pas posé de problème particulier, mais trouver un masque qui me plaise c'était une autre affaire !
Après une recherche infructueuse dans des magasins dédiés, et lasse de ne pas trouver un masque à mon goût, je décidais de rentrer bredouille bien qu'il ne me restait plus qu’une journée avant cette soirée.
Sortant d'une de ces enseignes bariolées, je ne songe alors même pas rentrer chez moi avec tous ces paquets en bus ou métro. J'ai tout juste le réflexe de héler un taxi passant au bon moment. Une fois installée, le taxi s'élance dans les rues qui commencent à clore leurs boutiques. Le chauffeur me dévisage dans son rétroviseur et il semble avoir reconnu l'adresse coquine d'un des sacs qui contient mes articles de cuir. Goguenard, celui-ci me lance : "Journée "shopping" aujourd'hui ?". En réponse à sa boutade, je fais une légère moue avant de lui offrir un grand sourire qui le laisse perplexe. Ses yeux se posent alors sur mes jambes nylonnées puis remontent sur le décolleté de ma fine robe en angora. Je rougis, mais ne voulant pas passer pour une sauvage, je lui explique brièvement que je suis en quête d'un déguisement, ainsi que ma déception concernant ma quête d'un masque adéquat.
Il réfléchit un instant et une étincelle dans ses yeux me fait supposer que j'ai bien fait d'exposer ma quête à ce chauffeur. Il me propose une dernière adresse qui pourrait posséder ce que je recherche. Ravie, je lui demande immédiatement de m'y déposer et avec un peu de chance, cette enseigne sera peut-être encore ouverte à cette heure. Le chauffeur de taxi fonce jusqu’à l’édifice qui ne semble pas encore clos mais s’avère ressembler plus à une vieille enseigne lugubre qu’à un magasin de déguisements. Peu rassurée, je demande au chauffeur de m’attendre jusqu’à ma sortie.
En ouvrant la porte grinçante de ce lieu, j’entre dans un lieu consacré aux tenues innombrables de personnages et créatures fantastiques. Admirative, je découvre finalement que cette boutique cache très bien son jeu. Subjuguée par tout ce que mes yeux rencontrent, je m’aperçois soudainement que le propriétaire de cet endroit m’observe depuis son comptoir. Confuse, et ne manquant pas en premier lieu aux règles les plus élémentaires de la courtoisie, je lui demande si dans cet étal, il n’a pas un masque seyant à une diablesse. A peine ais-je formulé ma demande, que cet homme, au regard magnétique et charmeur, s’approche de moi sous prétexte de mieux voir la forme de mon visage. Troublée, je sens qu’il me frôle de ses mains. Sentant mon trouble, il se retourne et ouvre alors un immense tiroir où ne se trouve qu’un seul masque, qu’il me tend en m’assurant que celui-ci devrait me convenir. En cuir fin, féminin et étiré vers les tempes, je constate que c’est tout à fait ce que je recherchais. Comblée, je règle l’objet de cuir et sors rejoindre mon taxi. Le chauffeur semble satisfait de me voir monter avec mon achat. Reconnaissante, je le remercie de nouveau une fois en bas de chez moi avec un pourboire récompensant ses précieux services.
Me voilà devant ma glace, déguisée et amusée de cette transformation. Provocante et diaboliquement tentatrice...Ainsi de cuir vêtue, c’est sûr : demain je serai irrésistible ! M’observant sous toutes les coutures, je constate qu’il manque quelque chose à ma tenue : mon masque ! Je constate en le plaçant sur mon visage que le cuir est chaud, comme s’il venait juste d’être porté.
Une fois le lien de ce masque noué, je suis encore plus étonnée de constater qu’une chaleur douce semble irradier du masque pour envahir mon visage et se diffuser le long de mon corps. Cette chaleur surnaturelle provoque en moi un trouble que je ne peux réprimer. Mon esprit divague alors vers des pensées sans équivoque, et me viennent alors à l’esprit les circonstances de l’achat de ce curieux accessoire… A cet instant, je m’imagine de nouveau près du vendeur de ce masque et je me vois de nouveau être près de lui. Je sens ses mains se poser sur mon cou, frôler mes seins, s’évader vers mes hanches, puis le bas de mes reins et finir leur périple vers le bas de mon ventre. Mes pensées à elles seules ne peuvent me rassasier et ce sont mes propres mains qui prennent le relais de mon imaginaire.
Voir dans le reflet du miroir ces gestes, provoque en moi un plaisir encore plus grand et il m’est facile d’imaginer mes mains appartenir à cet amant imaginaire. Sous ma guêpière, je sens mes seins pointer à travers le cuir. Mes mains soulagent alors la chaleur de ma poitrine en se glissant sous la lingerie pour les caresser à même la peau. Cependant, très vite, l’appel de mon sexe est plus fort et je me sens obligée de laisser mes mains descendre plus bas afin de satisfaire mon impérieuse envie. Une fois allongée, mes mains écartent le cuir fin et je sens au bout de mes doigts l’humidité au cœur de ma faille. Je recueille le doux nectar afin de m’occuper dignement de mon bourgeon, qui réclame d’être enfin soulagé. Mes doigts butinent alors le divin bouton, qui ondule sous mes douces tortures. Pantelante, l’image que me renvoie le miroir est d’une incroyable perversité : une diablesse de cuir terrassée par des mains dont elle n’a plus le contrôle. Contractée par l’accélération du rythme de mes flatteries, la cime de mon sexe devient de plus en plus gonflée et tendue, la chaleur m’envahissant alors, devenant incontrôlable et irrémédiable, me poussant vers l’ultime.
La jouissance me cloue au sol et les vagues du plaisir m’assaillent, me submergent et me noient, provocant des râles de jouissance violents et inattendus. Mon dernier regard vers mon reflet me pousse à retirer ce masque aux pouvoirs surnaturels. Je me suis assoupie, je ne sais combien de temps, et à mon réveil, je n’ai pu m’empêcher d’être satisfaite de cet achat.
Qu’allait provoquer le lendemain soir le port de mon masque ?...
Ecrit par Jill,
le vendredi 25 novembre 2011 à 11:14 , dans MOTS D'EROS
Miroir, mon beau miroir...
Me diras-tu tes mots, ces si douces caresses,
Point de "la plus belle", mais un simple murmure,
Que je te plais, te charme, moi, seule maîtresse,
M'avoueras-tu ce trouble dans ta frêle armure.
Miroir, mon beau miroir...
Laisseras-tu ta main effleurer tous mes sens,
Les flatter d'un reflet dépourvu de complexe,
Qu'un long frisson, au bas du dos, prenne naissance,
Et irradie mon corps en intime réflexe.
Miroir, mon beau miroir...
Verras-tu mes dessous composer une strophe,
Voulu sensuelle, au raffinement certain.
Rougiras-tu à la vue de l'absence d'étoffe,
Sur mon intimité entourée de satin ?
Miroir, mon beau miroir...
Mon poète apposant ses vers sur mon corps,
Écris-moi encore quelques rimes en dentelles,
Que je me sente, devant toi, si belle alors,
Que j'ose me soumettre à tes désirs charnels.
Miroir, mon beau miroir... by François le bel Ami poète.
François m'offre de nouveau ses vers pour mettre en mots ce dernier reflet flou. Une nouvelle fois touchée et étonnée d'inspirer ! Merci François...
N'hésitez pas à visiter ses pages pour plonger au coeur de ses vers (en musique !).
C'est tout un art de combiner ainsi les mots, sonorités et rythmes et réussir à suggérer 1001 sensations et émotions. J'en reste bluffée et admirative... A quand un stage de "poésie érotique" ?!!
Ecrit par Jill,
le mardi 3 mai 2011 à 20:57 , dans MOTS D'EROS
Il est des messages et des mots qui nous laissent sans voix et rêveurs...
Even est un voyageur et se plait à nous emmener parfois avec lui dans ses périples au coeur de ses pages. Nous nous croisons depuis quelques années déjà et au fil des mots & de nos rêves, nos sensibilités se croisent avec plaisir.
Lorsque que j'ai écrit il y a quelques semaines déjà ces quelques mots sur l'estran... Even y a trouvé une source d'inspiration.
Je crois aux amitiés sur la durée et au long cours, même virtuellement parlant. Je ne suis pas très douée pour le dire chaque jour et avec régularité mais je fonctionne ainsi comme dans ma vie. J'apprécie les retrouvailles et les moments complices même si je ne le montre ni ne le dis à mon goût jamais assez quand j'apprécie. Je reste fidèlement une admirative et silencieuse... mais je sais que certains et certaines l'avaient déjà remarqué ;o)
Donc, bien que je sois usuellement une voyageuse noctambule et fantasque, je reviens toujours au petit matin sur la grève pour me poser et contempler.
Une citation semble bien correspondre à ma façon de voir les voyages au sens propre comme au figuré : En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher : simple plaisir de voyager. - Robert Louis Stevenson
Les mots d'Even déposés sur l'"estran-ge" sont à lire ici sur ses propres pages... et j'avais envie de les partager avec vous et de le saluer au passage.
Even, merci pour tes mots* et ton amitié. Ken emberr !
* Si il n'y a pas d'accentuation, c'est que je suppose notre voyageur avoir un clavier un peu spécial... voyage oblige
Ecrit par Jill,
le dimanche 27 février 2011 à 17:30 , dans MOTS D'EROS
...de François auteur de Rêverie en vers qui m'offre de nouveau un poème tout en arabesques.
Cette fois, je me devais d'illustrer ses vers. "Exercice" plutôt inhabituel mais j'ai beaucoup aimé ce jeu et tenter ainsi de m'approcher au plus près de ses mots. Je ne peux pas m'empêcher de déposer ici ses vers légers comme plume mais n'hésitez pas à passer sur sa page découvrir ses autres poèmes sensuels et empreints de ses ressentis. Un grand merci à lui au passage...
Ce poème est donc également à lire chez François mais cette fois en musique et accompagné de 3 autres photographies pour illustrer ses vers.
Fluide. Comme la robe qui t'habille,
Ce soyeux écrin pour des courbes si précieuses,
Qui virevolte quand claquent tes aiguilles,
Qui tombe à terre sous des mains bien malicieuses.
Sinueuse. Comme la ligne qui s'enfuit,
Traçant sur un sein la dentelle raffinée,
Tendant entre tes hanches la maille bleu nuit,
Le piège où il fait si bon tomber in fine.
Je suis attentivement tous ces fils d'Ariane,
Pourtant, sans nul doute en si sensuelles arcanes,
Je m'y perdrais pour le temps d'un désir ou presque.
A suivre sur le nylon, l'impérieuse audace,
Ou contempler la soie qui, tendrement, t'embrasse,
Mon regard s'enivre de tes arabesques.
Ecrit par Jill,
le mercredi 2 février 2011 à 22:31 , dans MOTS D'EROS
Le petit lutin d'Islande m'a encore frappée par ses paroles lumineuses de sens. En ré-écoutant les albums de Björk, je n'ai pas pu m'empêcher de revenir aux sources qui m'ont menée à la découverte de cette femme venue d'ailleurs (pas seulement d'Islande mais d'une contrée d'êtres imaginaires... Lutin ? Fée ?).
"Debut" est le premier album en solitaire pour cette fameuse Islandaise et au temps de la découverte de cet album je ne pouvais alors pas rester insensible à la touche sensuelle de cet opus. "Notre" chanson y est gravée dans ses sillons... "He's Venus as a Boy" fut pour nous un premier point commun à la mesure de nos ressentis. Mon trouble pour l'homme qui partage mes jours avaient trouvé incarnation dans ces paroles, car j'y trouvais l'homme qui y était décrit comme ressemblant comme deux gouttes d'eau à mon cher et tendre... Voilà comment une chanson débute une histoire. Pour nous ce fut un voyage dans de beaux et soyeux draps.
Et quand j'ai envie de parler de notre avenir en amours, j'ai forcément en tête Big Time Sensuality, la juste continuité de la première chanson citée ci-dessus. Quand Stéphane Sednaoui dirige Björk pour illustrer une ode à la sensualité et les plaisirs de la rencontre... il réalise alors un clip rythmé, dansant et sensuel au milieu des rues de New York. Rien à redire. Ce clip est parfait et n'a pas pris une ride. Profitez-en pour écouter la belle murmurer les paroles de sa chanson... c'est ce que j'y ai toujours trouvé de plus craquant. Vous savez à présent comment me faire craquer : en me murmurant de douces paroles...
Big Time Sensuality
i can sense it
something important
is about to happen
it's coming up
it takes courage to enjoy it
the hardcore and the gentle
big time sensuality
we just met
and i know i'm a bit too intimate
but something is coming up
and we're both included
it takes courage to enjoy it
the hardcore and the gentle
big time sensuality
i don't know my future after this weekend
and i don't want to
it takes courage to enjoy it
the hardcore and the gentle
big time sensuality
Ecrit par Jill,
le dimanche 16 janvier 2011 à 19:01 , dans MOTS D'EROS
d'un charmant poète...
Il s'agit de François, auteur de Rêverie en vers et je vous offre à lire les vers de ce doux poète. Sa prose m'a si souvent émue et touchée et à présent avoir pu inspirer son imaginaire trouble mes certitudes.
Pour la petite histoire, suite à des échanges de messages sur un post du "Le Boudoir Libertin" de ce cher Valmont, un défi m'a été lancé...
Tout est expliqué ici. Me voici à présent confuse d'avoir reçu trois poèmes et je suis heureuse de vous donner la lecture du dernier opus de cette trilogie en vers. Merci infiniment François pour avoir passé du temps à cette écriture et à très vite sur ton blog...
Sémaphore
Un voile de lumière qui s'évapore,
Qu'en émergent des spectres bleus, éblouissants,
Mon regard, fier marin, suit ce sémaphore,
Perché tout en haut de plaisirs étourdissants.
Le long des coutures, mon regard esquisse
L'imaginaire troublant de caresse osée,
Traçant sur le nylon des rêves qui glissent,
Sans hésitation, vers d'impétueux exposés.
Quand ce chemin, au revers, atteint sa cime,
Que naissent en courbes deux fesses sublimes,
Le regard prend forme de mains qui s'y posent.
Puis faisant fi de toutes les convenances,
Si désuètes en pareille circonstance,
Un tendre désir, contre vous, prend la pose.
Ecrit par Jill,
le lundi 27 décembre 2010 à 10:33 , dans MOTS D'EROS
Un tendre ami m'a joliment suggéré de replonger dans l'œuvre de Stendhal suite à la lecture des citations déposées sur le thème de la cage.
Pour réparer cet oubli de ma part, je vous offre donc quelques mots de "La Chartreuse de Parme", un classique qu'il est doux de relire parfois. J'y ajoute quelques extraits d'autres écrits de ce bel auteur qui a su si bien parler des élans du cœur, de l'amour et des rencontres.
Le bonheur en prison...
Verrai-je Clélia ? se dit Fabrice en s’éveillant. Mais ces oiseaux sont-ils à elle ? Les oiseaux commençaient à jeter des petits cris et à chanter, à cette élévation c'était le seul bruit qui s’entendit dans les airs. Ce fut une sensation pleine de nouveauté et de plaisir pour Fabrice que ce vaste silence qui régnait à cette hauteur : il écoutait avec ravissement les petit gazouillements interrompus et si vifs par lesquels ses voisins les oiseaux saluaient le jour. S’ils lui appartiennent et elle apparaitra un instant dans cette chambre, là sous ma fenêtre. Et tout en examinant les immenses chaînes des Alpes, vis à vis le premier étage desquelles la citadelle de Parme semblait s’élever comme un ouvrage avancé, ses regards revenaient à chaque instant aux magnifiques cages de citronnier et de bois d’acajou qui, garnies de fils dorés, s'élevaient au milieu de la chambre fort claire, servant de volière. Ce que Fabrice n’apprit que plus tard, c’est que cette chambre était la seule du second étage du palais qui eut de l’ombre de onze heures à quatre : elle était abritée par la tour Farnèse.
Quel ne va pas être mon chagrin, se dit Fabrice, si au lieu de cette physionomie céleste et pensive que j’attends et qui rougira peut être un peu si elle m’aperçoit, je vois arriver la grosse figure de quelque femme chargée de soigner les oiseaux ! Mais si je vois Clélia, daignera-t-elle m’apercevoir ? Ma foi il faut faire des indiscrétions pour être remarqué; ma situation doit avoir quelques privilèges; d’ailleurs nous sommes tous deux seuls ici et loin du monde ! Je suis un prisonnier, apparemment ce que le général Conti et les autres misérables de cette espèce appellent un de leurs subordonnés...
Mais elle a tant d’esprit, ou pour mieux dire tant d’âme, comme le suppose le comte, que peut être à ce qu’il dit, méprise-t-elle le métier de son père ; de là viendrait sa mélancolie ! Noble cause de tristesse ! Mais après tout je ne suis pas un étranger pour elle. Avec quelle grâce pleine de modestie elle m’a salué hier soir ! Je me souviens fort bien, que lors de notre rencontre près de Côme, je lui dis : un jour je viendrais voir vos tableaux de Parme, vous souviendrez vous de ce nom : Fabrice Del Longo ? L’aura-t-elle oublié ? Elle était si jeune alors !
Mais à propos, se dit soudain Fabrice étonné en interrompant tout a coup le cours de ses pensées, j’oublie d’être en colère ! Serais-je un de ces grands courages comme l’antiquité en a montré quelques exemples au monde ? Suis-je un héros sans m’en douter ? Comment moi qui avais tant peur de la prison, j'y suis, et je ne me souviens pas d’être triste ! C'est bien le cas de dire que la peur a été cent fois pire que le mal. Quoi ! J'ai besoin de me raisonner pour être affligé de cette prison, qui comme le dit Blanes (prêtre astronome), peut durer dix ans comme dix mois ? Serait-ce l’étonnement de ce tout nouvel établissement qui me distrait de la peine que je devrais éprouver ? Peut être que cette bonne humeur indépendante de ma volonté et peu raisonnable cessera tout à coup, peut-être en un instant je tomberai dans le noir malheur que j’en devrais éprouver.
Dans tous les cas, il est bien étonnant d'être en prison et de devoir se raisonner pour être triste ! Ma foi, j’en reviens à ma supposition, peut être que j’ai un grand caractère.
La Chartreuse de Parme de Stendhal - Extrait du chapitre XVlll.
Les citations ci-dessus promises...
Le plus grand bonheur que puisse donner l'amour, c'est le premier serrement de main d'une femme qu'on aime.
De l'amour
Le pire des malheurs en prison … c'est de ne pouvoir fermer sa porte.
Le Rouge et le Noir
Un homme passionné voit toutes les perfections dans ce qu'il aime.
De l'amour II
Ecrit par Jill,
le vendredi 24 décembre 2010 à 09:11 , dans MOTS D'EROS
... aux fantasmes !
Je vous souhaite de bonnes fêtes et vous libère de mes pages en ouvrant ainsi la cage ;).
Que ces fêtes vous soient douces et généreuses de simplicité. Bonheur et sérénité... des surprises ? Celles que vous espérez de tout cœur.
Bien à vous chez internautes... Carpe Diem !
Sur le thème de la cage... quelques citations retrouvées :
La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau. Claude Nougaro Extrait de La Danse
La liberté est une sensation. On peut parfois l'atteindre, enfermé dans une cage comme un oiseau. Camilo José Cela Extrait de Pavillon de repos
La pensée est un oiseau d'espace qui dans la cage des mots saura peut-être déployer les ailes, mais pas voler. Khalil Gibran
L'âme est le seul oiseau qui soutienne sa cage. Victor Hugo Extrait des Misérables
A frotter, jour après jour, les barreaux de sa cage pour la rendre plus attrayante et à s'y cogner le nez le reste du temps, l'oiseau finit-il par en oublier sa chanson... Paule Saint-Onge Extrait de La Maîtresse
Un seul oiseau en cage la liberté est en deuil. Jacques Prévert Extrait de Fatras
L'homme est un animal enfermé à l'extérieur de sa cage. Il s'agite hors de soi. Paul Valéry Extrait de Tel quel
Tu dis que tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue, tu dis que tu aimes les chiens et tu leur mets une laisse, tu dis que tu aimes les oiseaux et tu les mets en cage, tu dis que tu m'aimes alors moi j'ai peur. Jean Cocteau
Le vers est toujours un peu la cage de la pensée. Jules Renard Extrait de son Journal 1893 - 1898
L'oiseau en cage rêvera des nuages. Proverbe japonais
Le vrai danger de la connaissance est de rendre l'esprit plus grand que sa cage... Charles Marsan
Cage dorée ne nourrit point l'oiseau. Proverbe italien
Ces citations me poussent donc à ouvrir la cage & offrir la liberté aux oiseaux de passage d'en partir... avec le secret espoir que certains oiseaux auxquels je tiens désireront y rentrer de leur plein gré...
Ecrit par Jill,
le dimanche 5 décembre 2010 à 19:34 , dans MOTS D'EROS
Photo : Isabelle Rosselini & David Lynch by Helmut Newton
Lorsque les désirs exacerbés nous poussent à franchir le pas et partir à la découverte de l'autre, qu'il est bon alors de passer du rêve à la réalité. Savoir patienter encore et deviner au fil des pages que l'issue nous mènera de manière intangible vers l'affinité des chairs. Lorsque tous les autres ingrédients sont là pour nous submerger, il ne peut en être autrement. Les mots d'un grand homme pour illustrer mon propos...
L'affinité des chairs
Je ne l'entendais pas, tant je la regardais
Par sa robe entr'ouverte, au loin je me perdais,
Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles :
Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse
Haletait fortement avec de longs sanglots.
Sa joie était brûlante et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d'amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent
Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers
Un lien nous tenait, l'affinité des chairs.