Voilà ! Nous voici en plein coeur de l'été.
Sous l'alternance d'ondées et de soleil, le paysage est un autre.
Changeant mais toujours aussi plaisant, tel le duo qui éveille en nous bien des désirs.
Les ondées n'entament en rien ces sensations d'astres m'échauffant le coeur et la peau.
Vibrant été, où la blondeur des blés me laisse admirer l'admirable nature.
J'aime infiniment la beauté simple et pure de leur délicatesse.
La nature les a faits admirables et désirables.
Envie de replonger dans ces blés ardents, m'y ressourcer et y vivre intensément...
Pour y ressentir encore ces bonnes et douces ondes.

Les terres chaudes (extrait)

C'est un brûlant accablement,
L'espace, par chayde bouffée,
Descend sur la pleine étouffée,
Sur le taillis lourd et dormant.

Il me semble que la nue ardente,
Que l'azur, que l'argent du jour,
Tombent du poids d'un grand amour
Sur toute la terre odorante,

Sur la terre ivre de couleurs,
Où tendre, verte, soleilleuse,
La primevère, aimable, heureuse,
Luit comme une laitue en fleurs.

La lumière semble sortie
De son empire immense et haut
Pour se poser sur le plateau
Que fait la feuille de l'ortie,

Pour se poser sur le prunier,
Sur le tronc mauve de l'érable.
Tout l'univers est désirable,
Et se pâme, d'amour baigné...

Anna De Noailles - XVIII - "Les Terres chaudes"