La flamme confuse du désir

''Amour, j'aime tant tes yeux,
Leur feu splendide, étincelant
Quand tu les lèves, malicieux,
Et traces un cercle miroitant
Tel un éclair venu des cieux…
Mais tes doux yeux bien plus encore
Sont captivants lorsqu'ils s'abaissent,
Que tu m'embrasses passionnément,
Et filtre entre la claie des paupières
La flamme confuse du désir…''

Fiodor Tiouttchev


Quelques mots empruntés qui expriment le désir qui m'embrase.
J'aime la confiance des yeux baissés. Ce n'est pas une fuite mais un lâcher prise. Se laisser aller au désir, intime et dévorant.
Certes, les regards soutenus sont pour moi un jeu que j'apprécie et qui éveillent le désir. Telle une armure, le regard se lance à l'assaut de l'autre. Par ce jeu, tenter alors de séduire, prouver notre désir, et mémoriser ces instants.
Cependant, une fois la garde baissée, l'armure aux pieds, on ne peut alors que plonger à corps perdu dans les bras de l'autre.
Le regard n'est plus qu'accessoire. ce sont les âmes qui se cherchent alors.
Retrouver durant ces instants la part d'éternité des amants enlacés, pénétrés l'un en l'autre. Ne former alors qu'un corps dédié au désir et à son assouvissement.
De braise vêtus, ce ne sont plus les yeux mais les corps qui s'embrasent.